Le fiu de l'uou. Le fils de l'oeuf

Sur la montagne de la Clape qui domine Narbonne d'un côté et la mer de l'autre, un œuf énorme et mystérieux est découvert par un jeune Juif, au début du VIII<sup>e</sup> siècle. Cet œuf fluorescent condense pendant quelques jours les passions, les haines et les adorations des trois communautés qui, à cette époque, peuplent la ville. Il finit par éclore et la créature androïde qui en sort partage avec un jumeau nourricier et une mère adoptive la vie d'une communauté de «parfaites» cathares au pied de la colline d'Ensérune...
Lo Fiu de l'Uòu / Le Fils de l'Œuf résume en accéléré l'histoire de toutes les espèces vivantes, ce qui lui permet, en un même récit, de traverser les époques comme les lieux, de voyager dans le temps (du VIII<sup>e</sup> siècle à la guerre de 1914) et l'espace. Ce faisant, non content de nous livrer une vue de moments historiques et de sites géographiques, il récapitule l'œuvre de son auteur, ses thèmes essentiels et nous en offre une traversée.
D'une écriture ironique qui justifie toutes les fantaisies, Lo Fiu de l'Uòu s'ouvre et se referme sur le conflit entre les religions du Livre. La première phrase situe le début de l'histoire par une triple date, donnée selon les calendriers hébreu, chrétien et musulman ; l'avant-dernière page nous montre le dernier Juif et le dernier Arabe, irréconciliables frères ennemis, se massacrant l'un l'autre...
Lo Fiu de l'Uòu est un conte philosophique dans la veine voltairienne, un récit de formation avec de magnifiques évocations de l'enfance et de l'adolescence, de ces moments d'éveil des sens et d'ouverture au monde, quand l'appétit et la curiosité sont insatiables devant les promesses de la vie. Le tout avec - autre constante dans l'œuvre de Robert Lafont - une gourmandise du mot et de la phrase, salivant d'appétit de vivre, dans un éblouissement continu devant la nature méditerranéenne, ses plantes et ses plus humbles créatures. Le Fils de l'Œuf est enfin l'une des œuvres les plus jubilatoires de Robert Lafont en même temps que la plus sinistre des apocalypses qu'il ait écrites.