L'équilibre de la terreur : 1956-1969

L'année 1956 inaugure une
période pleine d'espoir. À l'Est,
après plus d'un quart de siècle de stalinisme,
l'URSS et ses satellites se
prennent à espérer en un monde meilleur.
Khrouchtchev semble d'abord
leur donner raison. Il lance la déstalinisation,
défend la coexistence
pacifique, allège la terreur. Puis,
très vite, il réprime dans le sang l'insurrection
de Budapest, fait élever un
mur à Berlin et livre compétition
jusque dans le ciel avec le Spoutnik.
À l'Ouest, après deux mandats
d'Eisenhower, les Américains s'enthousiasment
pour un président plus
souple, partisan d'une riposte «graduée»
et non plus «massive», mais
le charismatique John F. Kennedy
porte le budget de la Défense
américaine à son niveau le plus
élevé en temps de paix.
Le champ de bataille entre les
deux Grands s'élargit à l'Amérique
latine, l'Afrique, la Méditerranée. Les
scandales Powers, Profumo, Philby...
défraient la chronique. Il n'est donc
pas si surprenant qu'éclate, avec
l'affaire de Cuba, la pire crise de la
Guerre froide et qu'en 1962, la planète
se retrouve au bord d'une
Troisième Guerre mondiale. Cette
démonstration faite, les deux Grands
dirigés par deux hommes nouveaux,
Brejnev et Johnson, apaisent le jeu
sans empêcher nombre de guerres
chaudes. Face à cet immobilisme, les
jeunes générations protestent, c'est la
révolte de 1968. À l'Ouest, les dirigeants
finissent par ramener le calme.
À l'Est, ils répriment manifestations et
soulèvements toujours de la même
manière et le printemps de Prague
s'achève dans le sang.