Au pays d'Ariège

Ah ! les Pyrénées ! que leur attrait est puissant ! Combien profondément elles se gravent dans la mémoire et dans le coeur de ceux-là même, qui, seulement de loin, les ont aperçues ! A plus forte raison est-on le prisonnier de leurs charmes quand on a pénétré dans leur sanctuaire sauvage et majestueux, quand on a bu à leurs cascades ; quand on a foulé le gazon de leurs grands pâturages, fourragé dans les champs de leurs rhododendrons, écouté le silence de leurs lacs et de leurs forêts, gravi les sentiers infernaux, qui, du fond des vallées ombreuses s'élèvent aux pures splendeurs des neiges et du soleil méridional.
Une préface ! qu'ajouterai-je a vos vues d'ensemble sur le socle imposant des montagnes que pénètrent les riantes avenues de Saint-Girons et du Salat dans le Couserans, de l'Ariège dans le pays de Foix..... Que dirai-je de plus instructif que vos lectures sur les richesses du sol et du sous-sol, sur les habitants et leur histoire ?..... Où trouverai-je de plus belles images qui éclairent votre texte, des cartes plus méthodiques, qui résument dans leurs traits les plus plus saillants l'aspect et la vie de vos pays ariégeois ?
Une préface ! Serait-ce une réclame ? Vous n'en avez cure et votre ambition va plus haut. Vous avez voulu inspirer à nos écoliers le culte de leur petite Patrie, afin que, jointe à toutes les autres, elle contribue à former la grande France notre mère commune, enveloppée, protégée, honorée et chérie d'un même amour par tous ses enfants..... Soyez loué d'avoir entrepris cette noble tâche. Réjouissez-vous, car vous y avez réussi.
Et vous voyez bien que vous pouviez vous passer d'une préface.
Paris, le 1<sup>er</sup> décembre 1911.
P. Foncin.