Rosée crépusculaire

N'est-ce pas là une curieuse alliance que celle de deux
inconciliables, astreints à une union contre nature, générant une
rosée qui se veut crépusculaire ?
Et voilà notre dévouée «rosée crépusculaire», dans la splendeur
de sa mission revigorante, voguant de part et d'autre de l'Atlantique !
Des USA où elle asperge Barack Obama «Précieux résident noir
premier d'une sacrale maison blanche» en passant par la Caraïbe,
plus particulièrement en Guadeloupe, l'île-mère, l'«Inflexible vieille
Gwada» où, intarissable, elle devient averse tropicale, bénissant le feu
ardent de Domota «Jeune nègre, sauveur de nèg, héritier de Delgrès
et d'Ignace», tandis qu'au cours de son marin périple, fidèle, elle ne
met point de côté l'île-soeur de la Martinique, cette «...brindille
de terre partage d'où a jailli Delgrès». Ni même Haïti, la grande
soeur, «Célèbre dame de fer inoxydable enfouie sous les gravats d'une
horrible souffrance», après avoir dévotement arrosé le Brésil puis
éclaboussé la Guyane avec ses surprenantes survivances africaines. Et
notre généreuse rosée de se muer en magnifiques cascades limpides
sous lesquelles, passé, présent et futur s'imbriquent, interpellant
l'Afrique, «continent majuscule», pour enfin éclater en torrent
d'espoir final.