La demande d'asile à l'épreuve de Dublin II : Etat responsable, procédures et recours

Lorsqu'un exilé sollicite la reconnaissance de son statut de réfugié par la France,
celle-ci peut se dispenser de l'examen de son dossier si un autre État européen
en est également «responsable».
Dans le cadre de la politique d'asile commune de l'Union européenne, l'examen
d'une demande d'asile est en effet à la charge d'un seul État membre. Un système
«Dublin II» épaulé par un fichier «Eurodac» établit les règles de la détermination
de l'État «responsable» et du transfert du demandeur d'asile. Des réfugiés
risquent ainsi d'être systématiquement remis à des États par lesquels ils ont
transité, tels que la Pologne ou la Grèce, malgré des atteintes aux droits des
demandeurs d'asile constatées par de nombreuses institutions. En vertu d'une
clause de souveraineté, chaque État membre peut cependant choisir d'examiner
une demande d'asile qui relève de la compétence d'un autre État.
Ce cahier juridique présente d'abord les mécanismes européens du système
«Dublin II» puis les droits, en France, du demandeur d'asile au cours de la
procédure «Dublin». Les moyens de recours contentieux et les jurisprudences
récentes sont ensuite exposés. Des violations de la Convention européenne des
droits de l'homme dans le contexte de «Dublin II» ont également pu être invoquées
et condamnées par la Cour de Strasbourg.