Terminus : et onze voix de plus

Terminus. Un mot qui appelle la finalité, la terminaison, le deuil, l'aboutissement
plus ou moins heureux de quelque chose. Justement : envie
d'y aller voir - dans les recoins de la ville où se tordent les cous et les
espoirs, où un être se sent mis à nu sous le regard d'un autre. Envie de
capter des instantanés de vie intime, tragiques ou ridicules. Sorte de
chronique de mes jours et des vies que je frôle sans les connaître, mais
qui me poussent à la recréation fictive. Des voix qui se veulent dans la
confidence, autant de personnages qui m'entourent et me portent, me
rassurent ou me font craindre le monde. Virginia Woolf affirmait qu'il était
du devoir d'un écrivain de vivre dans la présence de la réalité pour la
trouver, la réunir et la transmettre à d'autres. Je considère ces textes
comme des petits bouts de ma réalité offerte. Je voudrais qu'ils trouvent
résonance de l'autre côté du miroir.
Odile Cornuz, 2005.
Voici Onze voix de plus - celles-ci se pressent et prennent forme avec
les années - parce que cette réédition de Terminus appelait d'autres personnages
à se joindre à un recueil ouvert. Je persiste dans la volonté
doublée du plaisir de transmettre certains échos du monde tel que je le
perçois et tente de le rendre par l'écriture. Un premier ouvrage intitulé
Terminus , c'était comme une mauvaise blague ; le faire rimer avec «plus»
c'est conjurer le sort.
O.C., 2013.