Francophonie et indépendance culturelle : des contradictions à résoudre

Depuis le début du XX<sup>e</sup> siècle, en Occident et dans de nombreux
autres pays peu ou prou industrialisés, la culture est devenue un phénomène
de masse lié à la démocratisation de l'enseignement et à
l'apparition de l'industrie des loisirs. Aujourd'hui, la multiplication
des moyens de communication individuels, due à la mondialisation
des échanges, a fait entrer la culture contemporaine dans la catégorie
« marchandises ».
La globalisation accélère l'uniformité de l'offre et de la demande.
L'Unesco, censée en premier lieu sauvegarder et promouvoir les
trésors de la diversité culturelle mondiale, est bousculée par le pôle
économico-culturel dominant avec le modèle anglo-saxon.
L'espace francophone, soit les Etats et les peuples qui ont en commun
la langue française, se donne comme devoir de lutter contre une
suprématie culturelle unipolaire. Son institution, la Francophonie,
s'attache à préserver l'indépendance de chaque culture, minoritaire
ou non, ainsi que des valeurs communes, dont les droits humains
fondamentaux. La valorisation des différences culturelles est donc à
l'ordre du jour dans cet espace, de même que l'interculturalité.
Cependant, la politique de Paris s'en mêle, s'y entre-mêle, et le paysage
s'obscurcit...