Né de spermatozoïde inconnu...

«Je savais que j'étais le résultat d'une programmation
savamment orchestrée, d'une expérience scientifique qui s'est
peu souciée des conséquences sur nous, les enfants. Nous avons
été des cobayes...»
Conçu par insémination artificielle avec donneur (IAD),
Arthur, 24 ans aujourd'hui, n'a pas accès à la totalité de ses
origines puisqu'il ne connaît pas son «géniteur». Ainsi le veut
la loi qui impose l'anonymat aux donneurs de sperme.
Évoquant l'histoire douloureuse de ses parents lorsqu'ils
découvrent l'infertilité de son père, l'auteur raconte comment il
est constamment renvoyé à cette «étrangeté de soi-même»,
malgré l'amour de sa famille. Car comment bien vivre quand on
détient un vrai-faux secret sur ses origines génétiques ?
Délibérément provocateur, l'auteur tire la sonnette d'alarme pour
les couples concernés par l'assistance médicale à la procréation,
s'interroge sur leurs motivations et sur celles des donneurs de
sperme. Il s'insurge surtout contre l'institution médicale qui
détient les données dont il a besoin pour se construire.
Un seul objectif à ce témoignage : obtenir, lors de la révision
des lois de bioéthique en 2009, la levée de l'anonymat des donneurs.
Afin que chacun ait le droit de savoir d'où il vient.