Le mouvement anarchiste en Espagne : pouvoir et révolution sociale

L'Espagne est le seul et unique pays d'Europe
Occidentale qui ait connu une révolution
populaire au XX<sup>e</sup> siècle. Une révolution sociale,
économique, culturelle. D'inspiration libertaire.
La plus radicale, peut-être, de tous les temps !
César M. Lorenzo nous en explique le pourquoi
et le comment. Il montre, en analysant les
luttes de classes qui la précédèrent, que ses
origines comme ses contradictions dataient
des années 1870 au moins.
Que cette révolution à nulle autre pareille ait été vaincue en moins de trois ans n'enlève
rien à
l'importance de l'événement, mais explique la «conspiration du silence» dont elle fut victime.
C'est connu, l'histoire «officielle» est toujours celle des vainqueurs. Et les libéraux comme la
gauche jacobine ne se sont pas privé de réduire la dénommée «guerre civile» à un
simple affrontement
entre le fascisme et la démocratie. A un simple prélude à la deuxième guerre mondiale.
Les anarchistes, quant à eux, n'en ont retenu que ce qui les arrangeaient et, forts des
réalisations autogestionnaires des paysans et des travailleurs de l'industrie, ont largement
occulté ce qui les dérangeait : les exactions de bandes armées «d'incontrôlés»,
le chaos initial
des comités locaux ou de gestion, la contre révolution montante des classes moyennes, le
nécessaire partage du pouvoir dans un Etat républicain que les militants ouvriers ne pouvaient
ni abolir ni conquérir, les raisons profondes de la mainmise stalinienne, la vaine contre-offensive
finale d'une CNT «désanarchisée»...
La révolution et la guerre d'Espagne eurent des prolongements encore méconnus. Telle la
résistance à la barbarie franquiste - menée par les exilés au niveau international et par la
guérilla à l'intérieur du pays - dont César Lorenzo relate également l'histoire. Le mouvement
libertaire, miné par les dissensions, incurablement nostalgique d'une époque mythifiée,
ne parviendra plus à reprendre vraiment racine après la mort du tyran en 1975, quand
la démocratie bourgeoise sera de retour.
Alors, une question se pose : les anarchistes espagnols n'ont-ils donc fait que combattre
des moulins à vent ? N'ont-ils été que des «fous» et des utopistes ? Ou, malgré leur
défaite,
reste-t-il quelque chose de leur oeuvre et de leur message révolutionnaire qui soit porteur
d'espérance ?
C'est à la découverte d'horizons inexplorés, hors des sentiers battus, que nous convie cet
ouvrage remarquablement documenté où la volonté d'objectivité ne rime jamais avec froideur
et désengagement.