Le Périgord des églises et des chapelles oubliées. Vol. 2. A l'ombre du clocher

Jean Secret disait que pour bien connaître une
église il convenait, en premier lieu, d'en faire
le tour : un tour du propriétaire puisque elle
est la maison de tous.
À l'ombre du clocher, des murets entourent
le champ des dormants, où les morts ne tiennent
salon fleuri qu'en novembre. Peu connus, délaissés,
tombes, caveaux et chapelles ont été sculptés
avec rudesse et amour par les artisans du village ;
entre le cyprès vert et le rose des saxifrages, ces
livres de pierre ouvrent leurs pages d'histoire et
de généalogie.
Pour ceux qui savent les regarder et les scruter,
les murs de nos églises parlent aussi ; à l'heure des
cadrans solaires ils affichent depuis huit siècles
leurs croix, leurs symboles et les graffiti de tous
âges, sous les yeux de quelque saint grognon
dérangé dans sa quiétude.
Sous la lauze et la tuile, la mythologie des
monstres et des engoulants côtoie le défilé des
soldats, la ronde des guimpes et les jeux des acrobates
; des couples s'étreignent sous les arêtiers et
l'arche de Noé a ouvert ses portes aux bêtes lointaines
comme aux animaux familiers.
Jacques Brachet a ouvert sa boîte noire à l'inconnu,
l'inédit et l'insolite des églises d'en haut
et des églises d'en bas, depuis le seuil usé par les
galoches jusqu'au coq qui ne reverra pas sa volière.
Pierre Pommarède a laissé sa surprise et son
émotion courir sur des pages blanches. Jacques
Lagrange a réussi le mariage de l'image et du
verbe. Et Maurice Druon, de l'Académie française,
a loué, avec talent, cette heureuse triadelphie.