Jeanne d'Arc

L'apparition de la pucelle
Il n'est pas un écolier de France, et même du monde civilisé, qui ne sache ou qui n'ait lu, comme la plus merveilleuse des histoires, l'émouvante épopée de Jeanne d'Arc. Il n'en est pas non plus à ignorer que, quand elle apparut, la France et son roi étaient en grand péril. Rien ne le résume mieux et avec la naïve saveur du siècle même de Jeanne, que l' invitatorium des Vigilles de Charles VII (Ed. Pierre Le Caron, fin XV<sup>e</sup> siècle). Scandé mi-latin, mi-français, le poème de Martial d'Auvergne dit, en parlant du feu roi Charles Septième :
... Quoniam dès qu'il vint au règne
Tout le royaume était bien bas
Et n'avoit terre ne domaine
Qui ne fut en piteus tabas.
Guerres, rensons, noyses, debas
Par tous pays habebamus
Mais il a tout rué au bas
Venite nunc et ploremus .
Et, de fait, tout était en « piteus tabas ». Serrée dans l'étau de la guerre étrangère et de la guerre civile, la France s'en allait à sa mort, sans que son mélancolique roitelet fît quelque chose pour la sauver.