Viceversa, n° 12. Pas honte à ça

Viceversa - Revue suisse d'échanges littéraires
La honte... elle surgit, elle s'avoue ou elle reste secrète. Dans les « Dossiers écrivains », son lien avec la possibilité de s'exprimer est manifeste : « Très vite, j'ai senti, dans des situations difficiles voire tragiques, que certaines choses dangereuses ou honteuses restaient soigneusement tues. Or, les émotions qui les accompagnaient flottaient dans l'air, s'exprimaient au-dessous des mots », se souvient Jérôme Meizoz. « J'ouvre à peine la bouche, et la honte m'assaille, la honte, elle me verse son acide dans le tube digestif, elle me prive de mots », observe Ruth Schweikert. « La honte nous inhibe effectivement, surtout quand il s'agit d'apparaître en public : elle affaiblit non seulement la volonté de dire, mais les mots mêmes dont nous disposons », constate Pierre Lepori.
Hamed Abboud, sous la rubrique « D'un ailleurs », Zora del Buono, Levin Westermann, Francine Wohnlich, Laurent Cennamo, Rut Plouda et Virginia Helbling, dans le « Cahier d'inédits », affrontent leurs hontes, recourent à l'étymologie, à leurs souvenirs et à leur imagination, pour déployer de multiples aspects de la honte : honte sociale, honte corporelle, honte de soi, honte d'autrui... Autant de thèmes que Jacqueline Benz illustre dans sa « Contribution visuelle ».
Le dialecte agit-il comme un révélateur ? Comment restituer un style elliptique ? Quelles particularités recèlent les textes sacrés ? Les traductrices Ursula Gaillard, Ilma Rakusa et Anna Ruchat soulèvent ces questions dans leur « Carte blanche ».
La revue suisse Viceversa littérature paraît chaque année simultanément en français, en allemand et en italien.