MacArthur : l'enfant terrible de l'US Army

Les grands stratèges américains de la Seconde Guerre mondiale se
comptent sur les doigts d'une seule main. Les deux premiers sont incontestablement
l'amiral Nimitz et le général MacArthur - le second étant
de loin le plus excentrique et le plus flamboyant. En 1918, il est déjà général
sur le front de France et accompagne les nettoyeurs de tranchées,
ceint d'une écharpe mauve de deux mètres tricotée par sa mère, et armé
seulement d'une badine... Trois décennies plus tard, parvenu au sommet
de la hiérarchie militaire, il commande en Corée les armées de
quinze pays sous l'égide des Nations unies, et menace les Chinois
du feu nucléaire. Dans l'intervalle, ce meneur d'hommes au courage
suicidaire a vaincu les Japonais dans le Pacifique sud, puis organisé
brillamment le relèvement du Japon moderne - à tel point que l'empereur
Hirohito pourra dire : «L'amiral Perry a ouvert à l'Amérique les
portes du Japon, et le général MacArthur a ouvert au Japon le coeur de
l'Amérique.»
Foudre de guerre, autocrate bienveillant, humaniste paranoïaque, fin
diplomate et politicien catastrophique, Douglas MacArthur a traversé
comme un météore le XX<sup>e</sup> siècle, en marquant ses trois grandes guerres
d'une empreinte indélébile.