Une petite guerre parfaite

Mars 1999, Kosovo. Les bombes pleuvent sur Pristina, la
ville est encerclée par les Serbes, personne ne bouge.
Dans les rues les milices ont carte blanche.
Trois jeunes femmes sont coincées dans un appartement, à
attendre. Plus d'électricité, plus d'eau, plus de téléphone. À la
télévision, la propagande bat son plein. Vivre ou mourir, ça n'a
plus grande importance, mais on voudrait que ça arrive vite.
À l'étranger, les exilés kosovars sont isolés au milieu de gens
insouciants et futiles, dans le monde de l'abondance et
des crèmes antirides. Ils regardent à la télé cette «petite guerre
parfaite», une guerre propre et sans bavures qu'on mène depuis
le ciel à coups de délicates frappes chirurgicales.
Dans un style sobre et intense, Elvira Dones donne la version des
assiégés, qui écoutent tomber les bombes envoyées par leurs
sauveurs.