Le devenir de la hauteur-note : épistémologie historique et enjeux contemporains de l'écriture musicale

Le devenir de la hauteur-note
Épistémologie historique et enjeux contemporains de l'écriture musicale
Dans la seconde moitié du XX<sup>e</sup> siècle, la modernité musicale savante occidentale a étendu sa pensée à l'échelle du timbre, renversant apparemment l'hégémonie du paramètre de la hauteur. Pourtant, ce bouleversement s'est opéré à plus d'un titre de façon détournée, sans renoncer au corrélat de la note et de la lutherie classique. Si la hauteur-note - concept historique associant un paramètre acoustique à une représentation symbolique - demeure, en quels termes logiques et perceptifs s'attache-t-elle désormais au phénomène sonore ? Que dit le parti pris d'une telle médiation du timbre par l'écriture du rapport de ce modernisme à son ambition essentielle de rationalisation avancée du matériau ?
Ce questionnement est le point de départ d'une enquête épistémologique sur les liens de la hauteur-note, en tant que fondement opératoire de l'écriture musicale occidentale, à la rationalité sonore de la modernité musicale et à son cheminement, au travers des enjeux évolutifs de la philosophie, des sciences et de l'histoire culturelle. Une telle investigation interroge le devenir de la rationalité occidentale elle-même. Ce livre propose une généalogie des fonctions structurantes acquises par la hauteur-note au cours d'un processus de saisie logique du champ sonore, depuis le Moyen Âge jusqu'au XX<sup>e</sup> siècle. L'écriture instrumentale du son complexe est ensuite définie par la subversion perceptive de la hauteur-note classique et l'émergence de fonctions dites médiatrices. Cette mutation touche alors une problématique esthétique et métaphysique : le dépassement du matériau par une dialectique de la non-identité, envisagée à partir de la pensée de Theodor W. Adorno.