Au-delà de la religion : une éthique de la compassion

Les pressions de la vie moderne entraînent stress, anxiété, dépression
et un sentiment croissant de solitude. Sur le plan collectif, si le dernier
demi-siècle a connu de formidables progrès en matière de qualité
de vie et d'extension des libertés, les personnes en souffrance sont
encore bien trop nombreuses.
Le problème fondamental est que, à tous les niveaux, nous accordons
trop d'importance aux aspects matériels et extérieurs de l'existence.
Nous délaissons sans état d'âme notre vie intérieure, alors que la
plupart de nos difficultés découlent de cette indifférence.
Alors, où chercher de l'aide ? Du côté de la science ? Malgré tout ce
qu'elle nous procure, elle ne fournit pas encore le socle sur lequel
peut s'édifier l'intégrité personnelle. Du côté de la religion ? La
foi a aidé et continuera d'aider des millions de personnes, mais
la religion seule n'est plus à même d'offrir les fondements d'une
éthique adaptée à notre monde laïc.
Ce dont nous avons besoin désormais, c'est une éthique qui
convienne aux croyants comme aux non-croyants : une éthique laïque,
une éthique de la compassion. L'essence de la compassion, c'est le
désir d'alléger la souffrance d'autrui et de favoriser son bien-être.
Un principe spirituel sur lequel reposent toutes les autres valeurs
intérieures positives, clés d'un monde harmonieux.