Promenades poétiques dans l'oeuvre de Pierre Benoit

Promenades poétiques dans l'oeuvre de Pierre Benoit
Les romans de Pierre Benoit se sont arrachés à plus de douze millions d'exemplaires. Si les ventes de ses recueils de poèmes furent squelettiques, la poésie ne fut pas, pour lui, qu'une amourette.
Plus que la vénus alliciante, la femme qui subjugue notre épicurien
mélancolique, c'est l'amazone à la passion médusante. Le père
d' Antinéa nous rappelle alors que, sans amour, l'homme n'est rien. Quel est le secret de ces Poèmes qu'on ne peut enfermer dans un tiroir à styles, à l'enchanterie capiteuse, et qui battent au rythme régulier
du balancier d'une vieille horloge de campagne ? Pierre Benoit
savait voir et il a vu . Voyageur de l'imaginaire, il a vécu et a quitté ce monde en poète. Sa voix a sonné juste, son verbe a dit vrai. Chez lui, l'avoir jamais n'a dévoré l'être. Il n'a pas confondu bonheur et plaisir. Il ne tenta pas de paraître ; il fut. Certains de ses vers peuvent, par une certaine désespérance qui ne sombre pas dans un pessimisme
exaspéré, nous réconforter fraternellement aux heures mauvaises. Son style reste toujours limpide comme un ruisseau landais ; ses vers fluent, tel un gave pyrénéen, et nous taraudent le coeur. Par sa virtuosité pour des voluptés auditives, il reste un des mélodistes les mieux sonnants de son époque. Ses Poèmes, joliment martelés, ne laissent pas que d'être eurythmiques. Ils ont fortement contribué à fonder la lyre néo-classique et ils constituent une oeuvre nonpareille parmi les tentatives de rajeunissement de l'art régulier au XX<sup>e</sup> siècle. Ce romantique, qui est mort d'amour, a su se faire aimer.