Conditions climatiques et compétitions cyclistes : atmosphères de courses

«Ce fut une étape d'épouvante. Une de ces courses inhumaines et
exagérément meurtrières, qui ont fait la légende du cyclisme, mais à
laquelle on voudrait n'avoir pas assisté.» Ainsi s'exprimait le journaliste
sportif, Pierre Chany, rendant compte de l'étape du Tour d'Italie 1956
achevée sous la neige au sommet du Monte Bondone par la victoire de
Charly Gaul. Une invasion d'air froid arctique affecte les Alpes et durcit
les conditions de course, ce même jour, sur les routes du Giro et du
Critérium du Dauphiné Libéré. L'histoire du cyclisme recèle de multiples
épisodes où les conditions climatiques influencent le déroulement des
compétitions : le froid et la neige lors de Paris-Nice et du franchissement
des cols, la pluie sur les pavés de Paris-Roubaix et des monts de Flandre,
l'orage ou la canicule sur les routes du Tour de France, sans oublier le
vent qui fractionne, ralentit ou accélère le peloton...
«Ces pages ont tout d'abord le charme de l'inédit car leur thème
n'avait jamais fait l'objet de la moindre approche, par qui que ce
soit» , souligne Jean-Marie Leblanc dans la préface. À partir de l'étude
du déroulement des courses professionnelles, l'ouvrage se situe au
carrefour de la géographie et de l'histoire d'un sport parmi les plus
exigeants qui soient. Malgré un calendrier établi pour limiter les aléas,
les coureurs sont confrontés de manière quotidienne à l'imprévu
climatique, capable de stopper leur élan dans la polémique ou de
construire la légende des cycles après de dantesques chevauchées.