Histoire & sociétés, n° 14. Chantiers européens d'histoire ouvrière

Avec ce dossier, Histoire & Sociétés interroge la manière
dont l'histoire ouvrière s'écrit aujourd'hui dans les
revues européennes. Par-delà la diversité des terrains et des
époques, les relations sociales constituent à cet égard une
problématique centrale. Ainsi, C. Enrech analyse l'instauration
d'un système hiérarchique dans l'industrie textile catalane
à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, dont le critère principal repose sur la
capacité à faire respecter la discipline. S. Ulianova interroge
pour sa part la réception par les ouvriers des campagnes économiques
de masse dans la Russie des années 1920. Face à
leur inertie, les autorités multiplient les réunions de production,
afin de mobiliser les énergies. Dans l'Italie du second
après-guerre, L. Bertucelli démontre la persistance d'un paternalisme
industriel complexe, qui apparaît comme un système
négocié de relations sociales et fonctionne aussi bien lors
des phases de contestation ouvrière qu'en période de répression
antisyndicale. Enfin, P. Ackers et J. Payne interrogent la
modification des relations industrielles dans l'industrie minière
britannique après la nationalisation de 1947. La persistance de
relations conflictuelles serait alors liée, moins à une déception
des mineurs quant à la nationalisation, qu'aux impératifs de
modernisation dans une situation économique dégradée.