Lettres aux enfants du Togo d'Ani Sara la Blanche

Lettres d' Ani Sara aux enfants du Togo
Ani Sara « la Blanche ». C'est ainsi que m'appelaient les enfants de Kara au Togo quand ils me voyaient passer dans la rue.
Ce renvoi immédiat à sa propre étrangeté, et à tout ce qu'elle véhicule, interroge immédiatement le voyageur qui vient à la rencontre d'une autre culture, dans un monde autrement coloré, autrement habité, autrement ressenti. Après plusieurs séjours, plusieurs rencontres, la question est toujours présente. Le dialogue se fait plus personnel, il n'interroge plus seulement la couleur de peau, mais tout ce dont sont chargées, et l'histoire personnelle du voyageur, et l'histoire collective des nations en présence.
Un jour, les jeunes de Kara ont commencé à écrire avec moi, en français, leurs espérances et leurs attentes.
Un autre jour, dans une saison hivernale où l'Afrique s'éloignait, j'ai tenté de leur répondre : mise en miroir de mes propres interrogations, méditation sur cet espace de correspondance du toi au moi qui devient « nous ».
Livrer cette réflexion à un tiers - le lecteur qu'on rend témoin de cette entreprise - ouvre, à terme, la porte à un autre « nous ». Plus complexe et plus vaste, au-delà de nos visibles différences, celui-ci amène chacun à se trouver une place dans l'espace de toute la communauté humaine.
La relation de cet échange est peut être un chemin parmi d'autres pour explorer ce qu'on appelle « interculturalité » : décoder nos mutuels préjugés, ne pas craindre l'incompréhension et parvenir à en faire le moteur de nos rencontres.