Psoriasis : un manteau de peau rouge

Ils sont au moins 3 millions en France. Ils sont seuls ou bien en couple, en
famille, ils travaillent, on les côtoie sans le savoir.
Ils ont une maladie de peau, non contagieuse, chronique, parfois étendue
qualifiée de «bénigne» par les médecins.
Mais que vivent-ils ? La parole leur est ici donnée.
L'annonce du diagnostic d'une maladie de peau disgracieuse - vécu traumatisant
-, l'écoute trop peu attentive des médecins, le regard sur soi et
l'appréhension du regard de l'autre, l'acceptation ou non de la chronicité
de cette maladie constituent leur univers quotidien. La pénibilité des traitements
locaux, les rechutes peuvent être à l'origine de la multiplication
des demandes et de la surenchère des projets thérapeutiques. Le désespoir
n'est jamais loin des rechutes.
Alors comment vivre «avec» : son conjoint, sa famille, au travail, durant
ses loisirs.
Les patients atteints de psoriasis témoignent de la relation peau-psyché.
La peau enveloppe, établit la frontière entre le dehors et le dedans.
L'épisode initial et les poussées évolutives peuvent être liés à des traumatismes
déclencheurs. À leur tour, les poussées aggravent le stress et
l'équilibre fragile de l'estime de soi avec quasiment toujours, la question
torturante : «pourquoi moi», «qu'ai-je donc fait pour que cela m'arrive ?».
Comment nous, dermatologues, pouvons-nous soulager nos patients ? En
nous informant sur les nouveautés thérapeutiques, en partageant notre
savoir avec eux, pour qu'ils se réapproprient une assurance qui les libèrera.
En individualisant nos traitements par l'écoute attentive de ce qui
nous est demandé, en comprenant que ce sont avant tout des mots qui
sont recherchés pour soigner ces maux. Car il s'agit là, d'abord de prendre
soin de l'autre.
Les lettres que vous allez lire sont bouleversantes. Elles témoignent que
la vie est plus forte et que l'on peut, malgré tout, avoir du désir, donner de
l'amour et transmettre son humanité. Reconquérir l'estime de soi est ici la
plus grande des victoires.