La fabrique d'encens. Neuf pensées

«... Il brûlait d'impatience de la posséder, mais elle ne cessait
de parler. Certes, il aurait aimé bavarder avec elle, mais il préférait
qu'elle lui appartînt d'abord. Après quoi, tête-à-tête sur le
même oreiller, ils parleraient jusqu'à l'aube, jusqu'à ce que le
chant du coq perçât le papier de la fenêtre pour laisser entrer les
rayons du soleil. Il s'était avancé à tâtons vers le lit de briques,
pensant l'aider à ôter ses vêtements. Tout proche d'elle, il avait
senti un parfum plus grisant encore que celui de l'encens. Il
avait tendu la main et touché une chair tendre. Quand s'était-elle
mise nue ? s'était-il demandé. Au moment où il allumait l'encens
? Quelle femme déterminée ! Il l'étreignit. L'atmosphère
embaumée d'encens s'était enrichie de sons et de souffles harmonieux...»