Une excursion botanique à l'Aubrac et au Mont-Dore, principalement pour la recherche des isoètes du plateau central de la France

Une excursion botanique à l'Aubrac et au Mont-Dore
Le 15 août 1861, j'ai quitté Paris, à huit heures du soir, par un train express du chemin de fer, qui m'a déposé le lendemain, à dix heures et demie da matin, à Brioude, chef-lieu d'arrondissement du département de la Haute-Loire, où s'arrête en ce moment la ligne du chemin de fer, destinée à être prolongée jusqu'à Massiac, département du Cantal.
Une diligence attelée de quatre chevaux, desserrant la route de Brioude à Rodez, m'a pris alors et m'a conduit, par Saint-Flour et Chaudesaigues, à Laguiole .(qu'on prononce Layole), chef-lieu de canton de l'arrondissement d'Espalion, département de l'Aveyron, où je suis arrivé le 17 août, à une heure de matin, après avoir franchi en vingt-neuf heures une distance de 620 kilomètres.
Je venais de traverser une des contrées les plus montucuses de la France, et j'étais encore à 1006 mètres d'altitude, ce qui, vu l'absence d'abris suffisants, exclut les principales cultures de la plaine. Vigne, arbres fruitiers et Froment, sans nuire toutefois aux autres céréales, particulièrement au Seigle qu'on battait sur l'aire au moment de mon passage.
Laguiole est situé sur le flanc occidental de l'Aubrac, vaste massif de montagnes, compris dans l'angle que forme la rivière du Lot avec son affluent la Truyère, où aboutissent les trois départements du Cantal, de l'Aveyron et de la Lozère, ayant quelques altitudes de plus de 1400 mètres que relie un plateau d'environ 1300 mètres. C'est ce plateau dont je désirais explorer botaniquement une petite partie, et tout particulièrement pour y étudier les moeurs d'un Isoêtes que je savais exister dans un de ses lacs.