Les conquêtes véritables

On lira attentivement ce qui nous est livré ici sur cette quête
acharnée, dérisoire et immense à la fois, conquête toujours
insatisfaite, toujours recommencée, et toujours, pour une
part, incommunicable. Hommage vibrant à la littérature.
Derrière des vitraux sombres, démodés, on écrit des livres sans
même savoir s'il fait beau dehors, ou s'il pleut. (Révérence,
encore, à Rimbaud : «Je suis le savant au fauteuil sombre.
Les branches et la pluie se jettent à la croisée de la bibliothèque.»)
Faisait-il beau dehors, ou pleuvait-il, tandis que
Nicolas Marchal se lançait dans ses conquêtes véritables ?
Peu importe, sans doute. Mais qu'il nous offre encore, de
derrière des vitraux sombres, démodés, d'autres romans
d'une telle élégance et d'une telle légèreté.
Paul Emond