Amsterdam au temps de Spinoza : argent et liberté

La ville d'Amsterdam a été le laboratoire de l'argent dans sa
modernité et celui des libertés dans leur diversité. Libertés gagnées
au prix du sang, contre l'Espagne d'un Philippe II cupide
et intolérant.
Grâce au lien circulaire entre argent et liberté, la ville, après
la première révolution européenne qui enfanta la République
des Provinces-Unies à la fin du XVI<sup>e</sup> siècle, fut seule capable
dans le monde d'éradiquer le despotisme, la tyrannie, le fanatisme,
bien avant les exigences de 1789. Elle acceuillit les Juifs
fuyant l'inquisition, les Protestants pourchassés dans leurs pays
et d'autres hétérodoxes. Elle a aussi permis de faire entendre
les voix de Descartes et de Spinoza que nous ne cessons encore
d'interroger.
Mais doit-on pour autant confondre argent et liberté, fin et
moyens ? Amsterdam a-t-elle été fidèle à cette volonté de liberté
honnie par les rois et les prêtres mais qui a sauvé des milliers de
victimes de la violence et de l'intolérance ?
Il appartient au lecteur d'apprécier l'usage que la ville faisait
de son argent et de sa liberté, à l'heure où la République vivait
son siècle d'or, et de ne pas oublier que le regard sur le passé
n'est jamais neutre.