Imja et Name : aux sources de l'anthroponymie germanique, anglo-saxonne et slave

En 1470, Jean Heynlin, prieur de la Sorbonne,
installe, dans le cadre universitaire, la première
imprimerie française. L'atelier, animé par
les prototypographes Ulrich Gering, de
Constance, et Michel Friburger, de Colmar,
imprime en Sorbonne les ouvrages destinés à la
communauté universitaire : classiques latins et
ouvrages d'érudition pour les étudiants et leurs
maîtres. Ce fut l'origine de l'édition en France.
Ce livre explore l'origine, le sens, la fonction et la diffusion des noms de
personnes à travers les mondes anglais, germanique, scandinave et slave
à l'époque médiévale, en combinant les approches de la linguistique, de
l'anthropologie et de l'histoire médiévale.
Les sources les plus nombreuses concernent naturellement les dynasties
régnantes et les élites ; une partie importante de l'enquête est ainsi
consacrée à la généalogie des dynasties païennes ou récemment converties
de l'Europe du Nord, de la Grande-Bretagne jusqu'à la Rus' de Novgorod,
autour de l'an mille. L'analyse des noms permet d'explorer les notions-clés
que révèlent les anthroponymes, comme la sacralité des héros élus par les
dieux, la vénération des ancêtres et l'espoir de les voir renaître, la croyance
en des femmes-gardiennes et des esprits tutélaires, la symbolique des noms
qui évoquent la richesse et la santé, ou encore l'onomastique obscène, qui
assure une fonction protectrice.
Cet essai de grande ampleur, qui évite l'écueil des études anthroponymiques
modernes en recourant aux méthodes comparatistes et en ne se limitant
pas aux traditions mortes, couvre ainsi un grand nombre de langues et
d'aires de civilisation. Les annexes en fin de volume, qui témoignent du
vaste corpus sur lequel elle se fonde, constitueront en outre un précieux
outil pour les chercheurs.