Les centres sociaux, 1880-1980 : une résolution locale de la question sociale ?

Les centres sociaux existent en France depuis plus d'un siècle. Dans cet ouvrage, il
s'agit de comprendre les facteurs de leurs émergences et de leurs continuités. Le propos
général est d'identifier l'éventuelle spécificité de ce mode d'action qui, de période
en période, ne cesse de se poser comme différent. A la fin du XIX<sup>e</sup> siècle et au début
du XX<sup>e</sup> siècle les centres sociaux, bien qu'implantés dans des quartiers populaires et
portés par des femmes issues de la bourgeoisie, se disent non philanthropiques ; dans
les années trente, bien que soutenus principalement par les industriels, ils réprouvent le
paternalisme ; après 1945, alors qu'ils émargent de plus en plus aux politiques
publiques, ils revendiquent leur indépendance associative.
Une vingtaine d'auteurs, historiens, sociologues et professionnels explorent les multiples
facettes des centres sociaux, leurs contributions étant mises en perspectives par une
équipe éditoriale. Leurs analyses organisent le développement des centres sociaux en
trois grandes périodes : le temps d'invention d'un mode d'action, travail d'élaboration
particulièrement actif entre les années 1880 et les années 1920 ; le temps des enjeux
de structuration institutionnelle et normative, des années 1920 aux années 1950 ; et
enfin le temps de la confrontation des initiatives privées et des volontés publiques,
confrontation qui prend une particulière importance à partir des années 1950. Cette
mise en histoire permet de placer les centres sociaux à la croisée des questions familiales,
urbaines et sociales moins comme contributeurs d'une régulation nationale que
comme acteurs de situations locales.