Le dernier amant

Voilà, c'est fini. Encore une fois, une fois de plus, une fois de trop.
Cette fois ce n'est ni un ami, ni un copain, ni une lointaine relation, ni un patient disparu de mon fichier dont je retrouve la trace en parcourant la rubrique nécrologique du Monde; cette fois, c'est l'amant, lui, non pas l'amant de passage, d'une soirée, d'un week-end, non, cette fois c'est la mort de l'amant, lui, le compagnon de neuf années sans conflit, ou presque, quelques escarmouches, pas plus, un record.
C'était il y a vingt ans. Une nouvelle épidémie, le sida, frappait la communauté gaie. En une poignée d'années, le tribut payé par les homosexuels devint accablant.
Claude Lejeune revient sur ce commencement à travers son narrateur, un médecin gai. Son roman, où l'éloge frise la satire, l'ironie toujours à la pointe de la plume, est à la fois poignant et réflexif. Parfois drôle, comme pour conjurer le chaos, révolté souvent, il est à la fois récit, chronique et essai: sur la mort et le deuil, mais aussi l'amour et le désir, la vie, la mémoire.