Jean Ybarnegaray : entre petite patrie et grande patrie

Jean Ybarnegaray : entre petite patrie et grande patrie

Jean Ybarnegaray : entre petite patrie et grande patrie
Éditeur: Elkar
2013203 pagesISBN 9788490271193
Format: BrochéLangue : Français

Jean Ybarnegaray ne peut laisser indifférent. Aujourd'hui, plus de cinquante ans après sa mort,

si aucune plaque ni aucune rue ne porte son nom au Pays Basque, le personnage suscite encore

une vive émotion particulièrement dans son fief de Saint-Jean-Pied-de-Port.

Toute sa vie a été marquée par l'ambivalence. Fier de son identité basque, mais Français avant

tout, il s'illustre au combat durant la première guerre mondiale. Parlant l'euskara, il est un grand

orateur à l'Assemblée nationale, salué autant par ses partisans que par ses adversaires. Ses

prises de parole sont largement relayées dans la presse, participant ainsi à fonder sa réputation

chez les Basques.

Son règne aura duré 26 ans. Surnommé le «Lion d'Uhart-Cize», il préfère son diminutif

d'«Ybar» qu'utilisent ses administrés. Véritable seigneur sur ses terres du Pays Basque

intérieur, il est craint autant que respecté. Tout concurrent politique est rapidement éliminé.

Pourtant, les services qu'il rend à «ses Basques» lui font bénéficier de la bienveillance de la

population envers son grand notable. Ses parties de pelote, ses visites au marché de Saint-Jean-Pied-Port,

la chasse, montrent sa proximité avec la population locale. Pourtant, son train

de vie au château d'Argava, les domestiques, la nurse anglaise, la voiture, les cadeaux offerts à

Noël aux petits enfants, dénotent dans le petit village d'Uhart-Cize. Il partage ainsi sa vie entre

le Pays Basque et Paris.

Sa ligne politique est également marquée par ses ambigüités. Fervent défenseur de la famille, sa

vie privée est agitée. Homme d'extrême-droite, il se bat pour le relèvement de la France, dénonçant

les scandales politiques et financiers, lui-même impliqué dans certains d'entre eux. Membre

des Croix-de-Feu du colonel de la Rocque, il ne bascule toutefois pas dans les groupuscules et

autres franges ligueuses qui utilisent la violence pour mettre fin à la Troisième République. Sa

verve n'a pas de limite pour critiquer le pouvoir en place, mais il obéit à la discipline et défend la

hiérarchie, bases de son autorité dans sa petite patrie du Pays Basque.

Appelé au gouvernement Pétain en juin 1940, Jean Ybarnegaray est renvoyé dès septembre

1940. Rentré à Uhart-Cize, il participe à de petits actes tels que l'aide au passage de la frontière

espagnole, alimentant une position toujours ambivalente qui ne lui évitera pas d'être jugé à la

Libération.

Ce livre permet de mieux connaître le parcours de Jean Ybarnegaray, un parcours sinueux, avec

ses zones d'ombres mais aussi ses contradictions et paradoxes.

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