La biologie, élément de culture : connaître et enseigner le vivant,... pas si simple !

L'enseignement de la biologie ne saurait se réduire à la description et
l'explication de faits et de mécanismes dont la connaissance est indispensable
aux agronomes, ingénieurs et médecins. Il vise au-delà à constituer un élément
d'une culture générale. Mais l'étude du vivant, du corps, de la santé, de la place
de l'homme dans la "nature" présente des difficultés spécifiques ; expliquer ne
suffit pas, il faut aussi prendre en compte la signification, c'est-à-dire le sens des
connaissances en rapport avec le vécu affectif et social. On sait par exemple
qu'une maladie microbienne est déculpabilisante et accusatrice de la société, à
l'inverse des maladies génétiques ou auto-immunes. Certains concepts comme le
temps, le milieu, la régulation, la santé, sont "nomades" à travers les disciplines
scientifiques, les sciences humaines, l'économie et la littérature.
L'anthropomorphisme, l'anthropocentrisme, la croyance en l'existence du mal
sont des façons de penser très largement partagées qui détournent la
compréhension.
Toutes ces représentations des maladies ou de la nature constituent des
obstacles potentiels à l'assimilation du savoir. Sans doute ce petit livre, recueil
d'articles, ne manquera pas de conduire le lecteur à des réflexions qu'il n'avait
pas encore envisagées, amenant ainsi bien des enseignants à modifier
sensiblement leur pédagogie.