Petite philosophie du rugby

On pourrait penser que le rugby et la philosophie sont
deux mondes qui n'ont rien en commun. En fait,
ces deux disciplines ne seraient éloignées l'une de l'autre
qu'en raison de la regrettable persistance de préjugés qu'il
est temps de balayer. Pour le philosophe, le rugby a trop
longtemps été un sport réservé aux brutes épaisses impatientes
d'en découdre, un sport, finalement, où l'on ne réfléchit
guère. Quant au rugbyman, son jugement sur la philosophie
est tout aussi péremptoire : on y réfléchit trop !
Cette Petite philosophie du rugby invite donc les uns et les
autres à s'évader de la prison des préjugés : le philosophe,
libéré de ses scrupules platoniciens, doit jouer au rugby
pour se réconcilier avec son corps, et connaître les joies
de la troisième mi-temps, l'amour du maillot, la fusion avec
son équipe. Le rugbyman, une fois revenu de l'hébétude
du combat, et débarrassé de ses crampons et de son protègedents,
doit philosopher ; l'approfondissement philosophique
de son sport ne pourra qu'accentuer l'amour qu'il lui voue.