Un garçon parfait

Ernest travaille dans le restaurant d'un palace à Giessbach,
en Suisse. C'est un garçon parfait, aussi strict dans le
travail que dans la vie. Mais cette dignité imperturbable
cache la blessure jamais guérie de la violente passion
qu'il a connue pour Jacob, un garçon parfait comme lui,
Jacob qui l'a abandonné pour suivre en Amérique Julius
Klinger, le grand écrivain allemand. C'était après 1933,
dans ces années troublées où beaucoup de clients, fuyant
l'Allemagne nazie, venaient trouver refuge, avant les rigueurs
de l'exil, dans ce luxueux hôtel qui avait si souvent
abrité leurs insouciantes villégiatures. Mais rien
n'était plus pareil et Sulzer rend palpable la peur obscure
qui hante désormais ces salons trop rassurants et
tisse avec subtilité les fils des drames intimes et ceux de
la tragédie historique. Il faudra la fin de la guerre et le
retour d'exil de Klinger pour que s'affrontent deux mémoires
dans l'ultime combat d'une rivalité amoureuse.
C'est ce qui prête au roman une tension dramatique qui
va crescendo et tient jusqu'au bout le lecteur en haleine.