Semelles de plomb

«Voici un auteur comme on les aime :
inventive, de belle humeur, jouant de toutes
les formes d'humour, du plus funèbre au plus
mesquin, du plus cocasse au plus élégant,
experte en dialogues, bien sûr, et capable
de présenter des personnages hautement
improbables comme croustillants de réalité,
charmants, attendrissants et insupportables.
Il y a Kay, la quarantaine flasque et fatiguée
- elle boit trop et fume trop -, dévouée à tout
le monde : son mari, Neal, grand échalas à
queue-de-cheval grise, croisé de la diététique
bio, [...] et la mère Ida, drôle, séduisante,
superbement belle mais ayant passé du temps
dans divers hôpitaux à la suite de différents
accidents et qui cette fois se meurt, ce qui
ne l'empêche ni de boire, ni de fumer, ni
d'être odieuse.»
Martine Silbert, Le Monde