Les vertiges de la tueuse

Sous les tendres caresses de son amant, Apolline Vinteuil se redressa
comme si un frelon venait de la piquer. Durant un instant très court,
le docteur Philippe Lenobres eut l'impression que son visage n'était
plus qu'un concentré de haine.
Une haine dirigée contre lui.
Mais, la fraction de seconde suivante, Apolline retrouva son sourire
sensuel, avant de descendre de la table d'auscultation et de rabattre
sur son corps les pans de la blouse.
- Je n'ai pas joui... fit humblement observer Philippe Lenobres, avec
un mouvement de menton en direction de son ventre.
- C'est bien... c'est très bien... murmura Apolline, d'une voix étrangement
lointaine. Tu vas avoir ta récompense à présent. Des sensations
comme tu n'en as jamais connues. Et comme tu n'en connaîtras plus
jamais...
Pendant qu'elle disait cela, elle avait glissé ses deux mains dans les
poches de la blouse.
Et refermé ses doigts sur lés lanières de nylon, à droite, et sur le
rasoir, à gauche.