A la place du roi : vice-rois, gouverneurs et ambassadeurs dans les monarchies française et espagnole (XVIe-XVIIIe siècles)

À l'aube des temps modernes, les monarchies espagnole et française se profilent
comme les deux plus puissantes d'Europe occidentale. Rivales, elles sont néanmoins
liées par d'innombrables liens, politiques et culturels. La volonté de s'affirmer, tant
à l'intérieur qu'à l'extérieur de leurs états, impose à leurs princes de s'appuyer sur
des individus capables de rendre visible, voire présente, leur autorité et leur dignité.
Les vice-rois hispaniques, comme les gouverneurs français, ont alors pour mission
de représenter l'autorité royale dans des lieux éloignés de la cour, où le roi ne peut
être présent. L'affirmation de la majesté, de plus en plus individualisée dans la
personne du souverain, semble métamorphoser le rôle de ces lieutenants territoriaux,
jadis simples agents, en de véritables images reflétant la personne même du
souverain. À l'étranger, cette fonction incombe aux ambassadeurs ainsi revêtus
de «la gloire du roi». Le faste, le cérémonial, les images, la gestualité et la parole,
constituent les instruments de cette mission : tenir la place du roi en son absence.