Vive la guerre : récit

Fils et frère de paysans, Albin-Georges Terrien est né en 1934 à
Engreux, au coeur de l'Ardenne. Instituteur rural de 1956 à 1986,
correspondant de presse, chroniqueur au Sillon belge , il est
considéré comme un des meilleurs spécialistes des problèmes
économiques et agricoles de sa région. Son roman précédent,
La Glèbe , a obtenu le prix George Garnir décerné par l'Académie
Royale et continue à connaître un vif succès dans toute la Wallonie
et le Nord de la France. La soutane , elle, retrace la vie d'adolescents
dans un collège catholique d'avant le Concile Vatican II et
l'abolition de l' Index.
Contrairement à ce que son titre pourrait suggérer, Vive la guerre
est le récit pacifiste d'une enfance paysanne ardennaise durant
l'Occupation. On y retrouve le petit monde d'Engreux décrit dans
La Glèbe , "Le lapin qui tousse" et une galerie de personnages truculents.
Ce récit est à même de susciter une réflexion sur l'histoire et l'évolution des moeurs, du travail, des
idéaux. Certaines pages sur le catéchisme et la préparation à la première communion sont inoubliables.
Que celui qui n'a jamais fait son acte de contrition aille découvrir les inepties enfoncées dans les chères
têtes blondes, à cette époque où l'enfer était toujours derrière la moindre peccadille. Ces pages-là sont
un chef-d'oeuvre de drôlerie. Mais, sur ce même thème de la dictature de la religion, on découvre
d'autres extraits qui glacent d'horreur, comme les enterrements sans prêtre, sans prière, sans place au
cimetière bénit, où l'on relègue les morts dans le "Trou aux chiens" : comme les nouveaux-nés morts
sans baptême et les suicidés. Il est peut-être salutaire de s'en souvenir quand on se moque de
l'obscurantisme d'autres religions.
«Car si Dieu nous a créés à sa propre image, nous le lui avons bien rendu» disait déjà Voltaire. Albin-Georges
Terrien le souligne plusieurs fois. (Thérèse Jamin, historienne et enseignante - Ecole
Supérieure d'Action sociale de Liège)