Fragmentaires

Il y a, dans ces Fragmentaires, la parenté des origines et des sédiments.
Ils sont le coeur des choses, son émergence encore.
S'il semble nécessaire d'en estimer les possibles soleils, il faut aussi les
lire dans l'étroitesse intime, dans leur matière même et leur étrangeté.
Je suis ce passant qui prend l'écume au visage ; je
voudrais pour témoin la rose amertume qui ceint l'amandier.
L'envie d'éternité prie les fleurs et le vent. C'est en haut de
côte. Belle fugue, car j'ai toujours au coeur les douces
révérences. D'autres disparaîtront. J'aurai peu d'émotion,
peu de vie. Moi-même enseveli. Mais, ce jour, rien ne tue.
Auprès de la colline, est ce rose amandier...
Il s'agit de t'apprivoiser. Tu seras celle des nuits, celle
des jours. Les bruits et les ruisseaux couleront à l'identique.
Parfois, je prendrai vent par mes soleils, et tu me
comprendras. Toi-aussi, tu sauveras tes pas par quelques
échappées. Cette beauté est mon pays.
Olivier Bastide, extraits de Belles seraient les fleurs
in Fragmentaires