Le génie : combattre, construire, secourir

L'une des composantes importantes de l'armée de Terre, le génie militaire peut se prévaloir d'une
existence de plus de trois siècles. Le savoir technique élevé, voire scientifique, que requiert son
action en a fait d'emblée sa spécificité. Cette compétence s'exerce dans plusieurs domaines qui
donnent au génie un champ d'intervention aujourd'hui particulièrement vaste. Dans un premier
temps corps d'ingénieurs qui doit son existence à l'action personnelle de Vauban, sous Louis XIV,
son art s'applique d'abord au domaine de la fortification, tant pour la défense des places que
pour leur attaque, tout en s'exerçant dans celui du casernement pour loger l'armée permanente
de l'Ancien Régime. Par la suite, dès que la guerre de mouvement prend de l'ampleur, notamment
à partir de la Révolution, le génie met sur pied un nombre croissant d'unités pour ouvrir la route
aux armées en campagne. Cette mission est toujours d'actualité sur les divers théâtres d'opérations
impliquant l'armée française. Par ailleurs, c'est au génie qu'a été confiée la réalisation des
trois systèmes défensifs dont le pays s'est successivement doté, sous Louis XIV, au lendemain de
la guerre de 70 et durant l'entre-deux-guerres. Enfin, en raison de leur caractère hautement technique,
c'est au sein du génie qu'ont pris naissance deux spécialités nouvelles liées aux inventions
de la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, les transmissions, qui deviendront, en 1942, l'arme des transmissions dans
l'armée de Terre, et l'aéronautique militaire, qui débouchera en 1933, sur l'armée de l'Air.
Enfin, autant service constructeur qu'arme combattante, le génie accueille, à partir des années 60,
une troisième composante, la composante sécurité, comprenant la brigade de sapeurs-pompiers
de Paris et les unités d'instruction et d'intervention de la sécurité civile, composante qui permet
au génie d'élargir ses missions au domaine de l'assistance aux populations.
Conçue et rédigée sous l'égide de la Fédération nationale du génie, cette histoire du génie
est le fruit d'un travail collectif réunissant officiers et sous-officiers du génie, auxquels se
sont joints l'Ecole du génie et le Musée du génie d'Angers.