Louis Joxe : diplomate dans l'âme

Louis Joxe (1901-1991) est un de ces grands serviteurs de l'État dont
l'action est à la fois modeste et irremplaçable. Son nom reste attaché aux
Accords d'Évian qu'il a négociés au nom du général de Gaulle et signés
le 18 mars 1962.
Sa vie pourrait être un roman si l'on ne prenait pas en compte le côté exemplaire
de la réussite de la formation offerte par l'école républicaine.
Issu d'une famille modeste, son père s'est hissé au sommet de la hiérarchie
de l'Instruction publique. Lui-même, après avoir suivi un cursus traditionnel,
se destine à l'enseignement de l'histoire après son agrégation. Entré par son
mariage dans la grande famille parisienne des Halévy, il devient proche de
la journaliste Louise Weiss dans les années 1920 et du ministre radical Pierre
Cot dans les années 1930. Il rencontre son troisième mentor, de Gaulle, à la
faveur de la guerre, à Alger, en 1943, et il devient le secrétaire général du
Gouvernement provisoire de la République française (GPRF).
Sous la IV<sup>e</sup> République, il mène une belle carrière de diplomate.
En 1960, de Gaulle lui confie la plus difficile mission qui soit : celle de négocier
la fin des «événements d'Algérie». Ministre d'État chargé des affaires
algériennes, Joxe s'acquitte de cette tâche à haut risque avec efficacité et le
plus grand dévouement.
Son attachement à la personne du général de Gaulle et son gaullisme passionnel
lui donnent une place à part dans la famille gaulliste.
Plusieurs fois ministre par la suite, député UDR, membre du Conseil constitutionnel,
Louis Joxe n'a cessé de servir l'État tout en gardant des allures de
dilettante féru de littérature et de musique.