Le socialisme des intellectuels : critique des capitalistes du savoir

Le socialisme des intellectuels : critique des capitalistes du savoir

Le socialisme des intellectuels : critique des capitalistes du savoir
2014332 pagesISBN 9782902963690
Format: BrochéLangue : Français

À la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, le développement rapide de l'industrie en Russie amène une

partie de l'intelligentsia - cette petite minorité ayant fait des études secondaires - à

s'intéresser au marxisme ; c'est en se référant à ses principes que se crée en 1898 le

Parti ouvrier social-démocrate de Russie. La perspective qu'il adopte, c'est celle de

la mobilisation du prolétariat pour le renversement de l'absolutisme tsariste dont la

bourgeoisie russe, trop faible, est incapable, et la démocratisation de la société nécessaire

au développement économique et au progrès de la classe ouvrière.

Dès cette époque, un révolutionnaire polonais, Jan Maclav Makhaïski, analysant les

oeuvres de Marx et les projets des partis qui s'en réclament, aboutit à une conclusion

extrême : pour lui, l'idéologie socialiste dissimule en fait les intérêts d'une nouvelle

classe ascendante formée par la «couche cultivée», les travailleurs intellectuels. Ces

«capitalistes du savoir» cherchent à séduire les prolétaires et à les entraîner à l'assaut

de cette petite minorité que constituent les «capitalistes de l'avoir», financiers, industriels

et grands propriétaires, non pour détruire le capitalisme mais pour l'aménager

au mieux de leurs intérêts. Exilé, comme nombre de révolutionnaires russes, il rentre

en Russie en 1917. Mais, dès 1918, il déclare que si les bolcheviks se sont révélés plus

radicaux qu'il ne l'envisageait en rompant avec le parlementarisme, l'hostilité de la

«couche cultivée» envers la révolution ouvrière a vite calmé leur ardeur : « Ils ne luttent

pas pour l'émancipation de la classe ouvrière mais ne font avant tout que défendre

les intérêts des couches inférieures de la société bourgeoise et de l'intelligentsia. »

Makhaïski eut peu de disciples ; mais depuis son époque, d'autres auteurs ont cru

voir émerger dans notre société, en particulier à travers les différents projets

socialistes, le pouvoir d'une nouvelle classe qui, à travers toutes les fonctions de

gestion, de recherche, de conseil, d'enseignement, de communication et plus

récemment l'irruption des logiciels dans tous les domaines, façonne l'organisation

du travail et le contenu de la production et s'y assure une place privilégiée. Alexandre

Skirda fait plus que restituer la pensée originale de Jan Maclav Makhaïski : il la met

en perspective et livre ainsi un outil de premier ordre à qui veut approfondir la

compréhension de notre société.

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