Madame Royale

Marie-Thérèse Charlotte, «Madame Royale», voit le jour le 19 décembre
1778. Hélas, pour la fille aînée de Louis XVI et Marie-Antoinette, les bonheurs
d'enfance s'effondrent avec la Révolution. Le 13 août 1792, la famille royale
est emprisonnée dans l'horrible forteresse du Temple. Le 4 janvier 1793, on
guillotine le roi ; sa soeur et la reine le suivent quelques mois plus tard. Madame
Royale est épargnée mais séparée de son petit frère, l'éphémère Louis XVII,
qui mourra de mauvais traitements sans jamais la revoir. Isolée, privée de tout,
terrorisée, la jeune princesse s'enfonce dans un long enfer.
Fin 1794, les fureurs révolutionnaires s'apaisent et le peuple de Paris
s'attendrit sur cette adolescente qui devient l'héroïne des gazettes. Dans le
même temps, les cours d'Europe se la disputent. Au terme de longues
négociations, faussement secrètes et parfois scabreuses, «Madame Royale»
est libérée le 18 décembre 1795. Elle a tout juste dix-sept ans.
Accueillie à Vienne par sa famille maternelle, la fille de Louis XVI
pourrait se libérer de son terrible passé. Mais elle ne veut pas renoncer à la France.
Encore moins à sa filiation ! Ne serait-ce que pour contrôler les ambitions royales
de son oncle, le futur Louis XVIII, dont elle a découvert les manigances...
À partir de mémoires et de souvenirs d'époque, Anne Muratori-Philip retrace
avec brio et minutie les épisodes tragiques, mais aussi romanesques et politiques
de la prisonnière du Temple, avant qu'elle ne devienne duchesse d'Angoulême.