Parlez-vous tronqué ? : portrait du français d'aujourd'hui

Parlez-vous tronqué ?
Depuis le début du XIX<sup>e</sup> siècle, on a pris l'habitude, pour des raisons de rapidité ou de complicité, d'abréger les mots du français. Ce procédé, nommé « troncation », caractérise la langue courante contemporaine : les termes cinéma, kilo, météo, météo, photo, radio, taxi ou encore vélo en résultent !
Aujourd'hui, le phénomène se généralise et privilégie désormais une formation où est conservée, à la fin du mot tronqué, la consonne qui suit la coupe syllabique traditionnellement admise. Ainsi, un appartement devient un appart' , une colocataire une coloc ; le maxi le cède au max et la communication à la com ; le collaborateur , jadis raccourci en collabo , retrouve une seconde jeunesse avec le collab' . Cette manière de s'exprimer se retrouve dans l'enseignement ( dissert', exam, prof, sciences nat , etc.) comme dans la police ( flag, gardave, indic, perquise , etc.). Elle gouverne un parler juvénile : à toute. Dans les cités, on tronque le verlan : flic , prononcé [flikeu], donne keufli , réduit à keuf .
Avec science et humour, Bernard Cerquiglini consacre à ce français nouveau un ouvrage riche en exemples et en jeux.
« Voici la présentation raisonnée du français que nous parlerons demain, que nous parlons déjà. »