Heidegger, le berger du néant : critique d'une pensée politique

Martin Heidegger fut recteur de l'université de Fribourg
dès l'avènement des nazis au pouvoir. Idéologue de l'hitlérisme,
il ne cessa d'exalter le destin völkisch du peuple allemand
qualifié de «peuple métaphysique». Ses disciples français
ont non seulement dissimulé son appartenance au nazisme
mais ont même osé le présenter ces dernières années
comme un résistant au national-socialisme.
Les interventions des intellectuels heideggeriens méritent
une critique capable de briser les fondements intellectuels
des divers révisionnismes, négationnismes et autres banalisations
de l'hitlérisme. On ne peut se passer pour cela
d'un retour à l'oeuvre fétiche de Heidegger : Sein und Zeit.
La duplicité philosophico-politique de cette pièce maîtresse
est un appel souvent explicite, au nom de la «communauté
de destin du peuple allemand» et de la dénonciation du
cosmopolitisme «déraciné», à la négation de l'être de l'autre.
Derrière les images champêtres et bucoliques utilisées
par Heidegger, se dissimule en fait un «Berger du néant»
qui légitime l'introduction du nazisme dans la philosophie.