De l'esclavage des Noirs à celui des camps nazis

Ce texte est né de la sensibilisation de l'auteur, âgé de 22 ans
alors qu'il était libéré de l'enfer des camps nazis, et des états d'âme
communs à tous les survivants de la «mort lente» et de
l'extermination. Ils se trouvaient saisis d'un insondable vertige
devant l'horreur ressentie à voir disparaître tant de camarades qui,
tels des morts-vivants, tombaient affaiblis par la malnutrition et
l'épuisement dans les durs travaux de l'esclavage. Cette impression
se doublait du sentiment d'en demeurer inconsolable. Comme tel
l'auteur a assumé, et assume à présent son devoir de témoin.
Ce souci de témoignage ne pouvait que s'étendre à la plus grave
atteinte faite à une ethnie, à l'attentat lésionnaire et criminel le plus
massif de tous les temps, celui de la déportation des Africains vers
les Amériques et leur mise en esclavage. L'auteur en présente
d'abord le sombre tableau. Il tente ensuite d'établir un parallèle
entre les deux situations d'esclavage ainsi qu'une appréciation
de leurs caractères communs : certains principes et mécanismes
de pensée des protagonistes de la traite des Noirs rejoignent en effet
sur quelques points des aspects, surtout méthodologiques, des
maîtres de l'Allemagne nazie. Notamment dans l'organisation
des actions, la recherche des meilleurs résultats par l'exploitation
maximale et criminelle de la force de travail des esclaves.
Ainsi Max Gallo écrit à l'auteur, souhaitant le succès de ce livre,
«qu'il porte sur l'essentiel : la violence inhumaine».