Ma mère avait trois filles, 1945-1962 : une enfance algérienne

Dans ce texte, l'auteur parle de l'Algérie d'avant 1962,
des Juifs et des Arabes, des familles ballottées par les aléas
de l'Histoire, mais aussi de son profond ancrage dans la vie
française d'aujourd'hui, à Paris.
Elle évoque ici son amour filial, son appartenance à un
petit monde disparu et puis le cinéma, le théâtre, la
gourmandise...
C'est aussi le témoignage d'une enfant de la génération
baby-boom qui, pour assumer un esprit libre, a dû
affronter tabous et conformismes.
Ou comment un exil forcé peut s'avérer une chance.
Celle d'apprécier la vie avec délice.
« C'est vrai que fêter la naissance du petit Jésus, dans
une famille juive, pouvait paraître assez déplacé, comme le
jugeait ma grand-mère pour qui le malheureux était Le
renégat entre les renégats. Mais l'idée de ma mère, c'était
qu'on soit comme tout le monde et qu'à l'école, je puisse
parler de mes cadeaux de Noël avec mes petites
camarades de classe. Et puis franchement, c'était pour faire
comme Les Quatre filles du Docteur March,
auxquelles ma mère nous identifiait, même si on n'était
que trois, qu'on n'avait pas de père, et qu'on n'était pas en
Amérique... »