Sociétés contemporaines, n° 71

L'étude internationale comparée de l'évolution des recherches féministes fait l'objet
des deux articles qui ouvrent ce numéro. Le premier évoque les principaux axes des
débats transatlantiques sur la possibilité d'affirmation du féminisme en Europe de
l'Est. À travers la revendication d'une spécificité des sociétés est-européennes ancrée
dans l'expérience des régimes socialistes, ces débats débouchent sur la réévaluation
critique de certains concepts consacrés par la réflexion féministe classique. Le second
article décrit les conflits et controverses qui ont marqué la réception du travail de
Judith Butler dans le monde germanophone. Il éclaire ce faisant l'évolution plus
générale des débats féministes au centre desquels Gender Trouble a pu être placé.
Viennent ensuite trois articles sur des questions très différentes. L'analyse des tensions
et conflits d'intérêts entre les différents acteurs impliqués dans la définition d'une
norme de service aux usagers de la distribution d'eau permet à la fois d'éclairer les
transformations de cette politique et celles, plus générales, des relations de «clientèle»
dans des services de moins en moins publics. Une enquête quantitative et qualitative
explore ensuite la manière dont les chrétiens homosexuels en France gèrent les
relations entre ces deux dimensions identitaires. Un autre texte étudie la
transformation des modes d'exercice du métier de maçon dans une région marquée
par un processus de «gentrification rurale».
Ce numéro comprend enfin une contribution à notre nouvelle rubrique «Les
sciences sociales, métier et vocation». Celle-ci aborde la question, d'une importance
croissante pour la pratique de la recherche, de la régulation éthique des sciences
sociales, à partir de l'expérience d'une enquête ethnographique sur la santé en
Afrique du Sud.