Connivences au service de l'Etat : révélations d'un policier de l'ombre

De l'existence de Mazarine à la traque d'Action directe, des
Irlandais de Vincennes aux escapades de Cécilia Sarkozy, j'ai
passé trente années à suivre ces affaires qui ont embarrassé la
République et ses «grands». Aux premières loges. Mon poste d'observation
? La section presse des Renseignements généraux (RG), que j'ai
dirigée jusqu'à sa disparition, en 2008. Ce service des plus discrets gardait
un oeil sur le quatrième pouvoir, les médias, dont la puissance ne
cesse de croître.
Je devais m'enquérir des enquêtes en cours, anticiper leurs publications,
mettre la main sur des exemplaires des journaux avant qu'ils
n'arrivent en kiosque. Pendant trois décennies, nous avons constitué un
solide réseau d'informateurs dans les rédactions et les imprimeries
pour éviter que les pouvoirs successifs, de l'Élysée à Matignon en
passant par la Place Beauvau, ne se laissent surprendre, à froid, par
quelque révélation dérangeante. Pas de micros baladeurs ni de fouilles
en règle des boîtes à lettres, nous travaillions quasiment à visage
découvert, intégrés dans ce monde des médias mais aussi de l'édition,
qui faisait l'objet de nos méticuleux travaux.
Aujourd'hui encore, j'en suis fier. Et j'ai envie de rompre, avec ce
livre, le silence gêné qui entoure jusqu'à présent notre existence, en
révélant nos méthodes, en ouvrant nos dossiers. Pour défendre cet outil
de renseignement indispensable à la protection de nos institutions.