La nuit dans un grand restaurant

Un titre insolite, qui cite un vers de Zone , le poème d'Apollinaire,
dont on retrouve ici la tonalité. Une errance intime et érudite à travers
le temps, l'espace et les textes, où la vivacité le dispute à la
mélancolie. Un livre qui se tisse en fragments soigneusement pourvus
d'un titre, dont la trame se dessine, forte, sous l'apparente bigarrure.
Homère y côtoie la télévision, l'amour la numismatique,
l'Empire romain un voyage au Chili, la Cour de Versailles un séjour
en Crimée, les écrivains anciens des figures d'aujourd'hui, et les douleurs
intimes des joies quotidiennes. Tout est méditation, parfois
bouleversante, parfois drôle.
Loin de tout académisme, cette érudition si personnelle invite le
lecteur à la découverte. Et l'inattendu devient évidence. Pourquoi
Orphée s'est-il retourné ? Pourquoi les dieux grecs doivent-ils être
beaux ? Pourquoi certaines monnaies représentent-elles les personnages
gravés de face et non de profil comme le veut une antique tradition
? Les questions, peut-être, se jouent des réponses, dans une
insatiable curiosité.
«Peut-on restituer ainsi l'émotion en paragraphes syncopés,
comme la preuve que dans l'univers quotidien, le fond de toutes les
idées et des sentiments effectifs sont des fragments ?» (Novalis)