Le juge constitutionnel et l'état de droit en Afrique : l'exemple du modèle béninois

L'Afrique politique et institutionnelle s'est enrichie d'un
nouveau vocabulaire depuis l'effondrement, en 1990, de
l'autoritarisme nègro-africain : le juge constitutionnel.
Conçue à l'image de ses ancêtres français et allemand, la
juridiction constitutionnelle est voulue par le constitutionnalisme
post-totalitaire, à la fois comme le garant de la légalité
constitutionnelle, le gardien du respect des droits et libertés mais
aussi comme l'efficace arbitre du fonctionnement régulier des
institutions de la République. Sur la scène politique africaine et
en la matière, la Cour constitutionnelle béninoise, par sa
jurisprudence audacieuse et frondeuse à l'égard des politiques,
mais aussi par une efficace politique de protection des droits de
la personne humaine, fait office de modèle et de pionnier.
Cependant, l'action volontariste de la Cour est loin de
contenter notre soif d'Etat de droit. Le positionnement de la
juridiction béninoise dont l'ascendant sur le pouvoir politique est
clairement établi, suscite bien des interrogations. Le juge
constitutionnel béninois en fait-il trop ? Va-t-il trop loin ? Est-il
mesuré dans l'usage qu'il fait de ses compétences ? Abuse-t-il de
sa position ? C'est donc à une réflexion sur la rationalisation de
l'action du juge constitutionnel béninois, dans la sauvegarde de
l'Etat de droit, qu'invite le présent ouvrage.