Héritage de la musique africaine dans les Amériques et les Caraïbes

L'année 2004 a été déclarée par les Nations Unies Année
internationale de commémoration de la lutte contre l'esclavage et
de son abolition. Elle a été également l'année de célébration du
bicentenaire de l'indépendance d'Haïti, pays où, selon le mot
d'Aimé Césaire, «la Négritude s'est mise debout pour la première
fois». En retenant le thème de l' Héritage de la musique africaine
dans les Amériques et les Caraïbes , le Festival Panafricain de
Musique a donc voulu, à l'occasion de sa cinquième édition,
prolonger cette double célébration en offrant aux communautés
noires des Amériques et des Caraïbes l'opportunité de remonter aux
sources de leur histoire, de revisiter les sites primitifs à partir
desquels elles se sont dispersées à travers le monde et de
s'interroger une fois de plus sur leurs racines profondes.
Le présent ouvrage rassemble les textes des communications
présentées au symposium international de musique et à l'atelier
tenus à Pointe-Noire, non loin de la Route de l'esclave, au cours de
la cinquième édition du Festival Panafricain de Musique. Il intègre
les questionnements énoncés et y apporte des réponses variées tout
en inaugurant de nouvelles pistes de réflexions et de recherche. Il
s'en dégage trois idées forces. Primo, l'Afrique, à travers diverses
vagues migratrices provoquées par la traite négrière et l'esclavage,
a sans doute plié l'échine mais ne s'est jamais reniée dans ce qu'elle
a de fondamental, sa culture. Secundo, pour des milliers d'Africains
déportés en Amérique et dans les Caraïbes, la musique a été un
facteur de ralliement, de survie et de résistance à l'oppression.
Tertio, pour la survie de l'Afrique dans le monde de demain, il
s'impose la nécessité de mettre en place des mécanismes de
protection de ses expressions culturelles traditionnelles, qui
constituent un pan non négligeable de son patrimoine.